Anthy Anthéia IOANNIDES

Anthy Anthéia IOANNIDES
"Au départ, c’est surtout la couleur qui m’a fascinée. Je me revois dans ma plus tendre enfance, accrochée à un sublime livre d’images qui arborait les couleurs dans leurs infinies nuances. Ensuite, est venue la photographie… argentine bien sûr.
C’était en 1974, à Londres. Suite à l’évacuation de Chypre en guerre, c’est l’urgence. Les images sont mal cadrées, maladroites, un peu floues. Et pourtant j’en garde un souvenir précis avec en filigrane, l’espoir de retrouver ces couleurs tant magnifiées, magiques, merveilleuses. La photographie s’accroche. Elle me suit de sa démarche furtive à l’adolescence, lors d’ateliers scolaires, à Florimont. Grâce au père Dayer, à la fois père spirituel, homme généreux et esthète, je m’initie aux prémices de la prise de vue: « regarde le ciel, les arbres… regarde autrement » disait il. Je teste le labos, noir et blanc, avec en mémoire ses odeurs particulières, la texture du papier, les formes qui naissent comme par magie! Je teste les jeux de mains qui masquent et qui révèlent la lumière en fonction de l’effet recherché.
J’apprend les reflets, les miroirs, les lignes de fuite, la composition, les superpositions… l’humour de l’oeil qui crée le paysage. Je suis conquise !"